Photographier les aurores boréales

L'écart entre ce que vous voyez et ce que l'appareil enregistre est la plus grande surprise de la soirée. Dans les deux sens.

Pourquoi l'aurore ne ressemble pas à vos photos

C'est le malentendu fondateur, et il vaut mieux l'avoir réglé avant de partir. Avec une activité faible, l'aurore apparaît à l'œil nu comme une traînée blanchâtre ou légèrement gris-vert, qui se déplace lentement et qu'on pourrait confondre avec un nuage étrange. Le vert éclatant des photographies vient de la pose longue : le capteur accumule pendant plusieurs secondes une lumière que l'œil, lui, ne sait pas additionner.

Cela ne veut pas dire que les photos mentent. Cela veut dire qu'elles montrent autre chose. Et quand l'activité devient intense, l'écart se referme d'un coup : la couleur se voit parfaitement sans aucun appareil, et plus personne ne regarde son téléphone.

Les réglages qui marchent

Sur un appareil qui permet le mode manuel, un point de départ fiable tient en quatre valeurs, à ajuster ensuite selon l'intensité.

  • Mode manuel, et mise au point manuelle réglée sur l'infini. L'autofocus ne trouve rien dans le noir et passe la soirée à chercher.
  • Ouverture la plus grande possible : f/2.8 si votre objectif le permet, sinon la plus petite valeur disponible.
  • Pose de 3 à 10 secondes. Plus l'aurore bouge vite, plus il faut raccourcir, sinon les structures se brouillent en une soupe verte uniforme.
  • ISO entre 1600 et 3200, à ajuster selon le bruit que votre boîtier accepte.

Faites un test dès l'arrivée sur le point d'observation, pendant que rien ne se passe. Régler son appareil au moment où le ciel s'ouvre est le meilleur moyen de rater les cinq minutes qui comptent.

Ce que votre téléphone sait faire

Beaucoup plus qu'il y a quelques années, et c'est une bonne nouvelle. Les modes nuit récents assemblent plusieurs secondes de pose et produisent des résultats tout à fait présentables — à condition que le téléphone ne bouge pas.

C'est là que tout se joue : à main levée, un mode nuit de trois secondes donne un flou irrécupérable. Posé sur le capot d'un véhicule, sur un sac ou sur un petit trépied, le même téléphone donne une image nette. La différence entre une photo de smartphone décevante et une photo correcte n'est presque jamais le capteur, c'est la stabilité.

Deuxième réflexe : coupez le flash et baissez la luminosité de l'écran. Un écran à pleine luminosité détruit votre vision nocturne pour vingt minutes et celle de vos voisins avec.

Le trépied n'est pas optionnel

Si vous voulez rentrer avec des images, c'est l'objet à emporter. Un trépied de voyage léger suffit ; ce qui compte est qu'il tienne dans le vent islandais, qui est rarement absent. Un modèle trop léger sur un sol gelé produit des poses filées.

Ajoutez-y un retardateur de deux secondes, ou une télécommande : appuyer sur le déclencheur suffit à faire vibrer l'ensemble pendant une pose de cinq secondes.

Et prévoyez des batteries. Le froid divise l'autonomie, parfois par deux. Gardez les batteries de rechange dans une poche intérieure, contre le corps : une batterie réchauffée retrouve une bonne partie de sa charge apparente.

Les excursions qui incluent les photos

Trois des six sorties comparées sur ce site règlent la question pour vous, et c'est souvent le meilleur rapport effort/résultat.

La visite avec séance photo à ~105 € en fait son argument principal : le guide installe son appareil pendant l'attente, photographie le groupe sous le ciel et envoie les clichés par un lien Dropbox sous sept jours. C'est aussi la plus longue des six, cinq heures au lieu de quatre. En contrepartie, c'est la plus fréquentée : jusqu'à quarante personnes.

L'excursion en 4x4 à ~135 € inclut des photos de vous sous les aurores prises par le guide, dans un groupe nettement plus petit.

La jeep avec guide islandais à ~208 € annonce de la photographie professionnelle, avec quatorze participants au maximum.

Le car des chasseurs locaux ne fournit pas les images mais apprend à faire les vôtres : il annonce des conseils de réglage pour téléphone et appareil photo pendant la soirée.

Réserver la soirée, et s'occuper des photos une fois sur place

Notre choix parmi les six : ~65 € pour quatre heures, avec des arrêts dehors prévus pour regarder et photographier.

La check-list photo

Dans le sac : trépied, batteries de rechange dans une poche intérieure, carte mémoire vide, chiffon pour la buée, lampe frontale à lumière rouge, gants fins tactiles sous des moufles.

Réglé avant de partir : mode manuel, mise au point sur l'infini, retardateur de deux secondes, format RAW si votre appareil le propose, écran à luminosité minimale.

Et un conseil qui ne se règle sur aucun bouton : passez les cinq premières minutes sans appareil. L'image que vous garderez le plus longtemps n'est pas sur la carte mémoire.

Questions et réponses

Autres questions sur la photo d'aurores

Peut-on photographier les aurores boréales avec un téléphone ?

Oui, les modes nuit récents donnent des résultats tout à fait présentables, à une condition : que le téléphone ne bouge pas. À main levée, une pose de trois secondes produit un flou irrécupérable. Posé sur un sac, un capot ou un petit trépied, le même téléphone donne une image nette. La stabilité compte plus que le capteur.

Quels réglages utiliser pour photographier une aurore ?

Mode manuel, mise au point manuelle sur l'infini, la plus grande ouverture possible (f/2.8 si disponible), une pose de 3 à 10 secondes et des ISO entre 1600 et 3200. Plus l'aurore bouge vite, plus il faut raccourcir la pose, sinon ses structures se brouillent en une teinte verte uniforme.

Pourquoi l'aurore paraît-elle moins verte en vrai que sur les photos ?

Parce que la couleur des photographies vient de la pose longue : le capteur accumule pendant plusieurs secondes une lumière que l'œil ne sait pas additionner. Avec une activité faible, l'aurore apparaît à l'œil nu comme une traînée blanchâtre ou gris-vert. Quand l'activité est intense, en revanche, la couleur se voit parfaitement sans appareil.

Quelles excursions incluent des photos ?

Trois des six. La visite avec séance photo envoie les clichés par lien Dropbox sous sept jours, l'excursion en 4x4 inclut des photos prises par le guide et la jeep avec guide islandais annonce de la photographie professionnelle. Le car des chasseurs locaux ne fournit pas d'images mais donne des conseils de réglage pendant la soirée.

Faut-il un trépied pour photographier les aurores ?

Pour un appareil photo, oui, c'est indispensable dès que la pose dépasse une seconde. Pour un téléphone en mode nuit, tout support stable fait l'affaire. Prenez un modèle assez lourd pour tenir dans le vent islandais, et utilisez un retardateur de deux secondes : la pression du doigt sur le déclencheur suffit à faire vibrer l'ensemble.