Depuis Reykjavík ou plus au nord ?
L'intuition dit que plus on monte vers le nord, plus on a de chances. En Islande, cette intuition est à peu près fausse.
Le mythe de la latitude
L'aurore ne se produit pas au pôle : elle se produit dans un anneau, l'ovale auroral, centré approximativement sur le pôle magnétique. L'Islande entière se trouve sous cet anneau ou très près, et les quelques centaines de kilomètres qui séparent Reykjavík d'Akureyri sont négligeables à cette échelle.
Autrement dit : quand une aurore est visible dans le nord de l'Islande, elle l'est presque toujours aussi depuis la région de Reykjavík, à condition de s'éloigner des lumières de la ville. C'est exactement ce que font les six excursions comparées ici.
Il existe des cas où le nord a un léger avantage — des activités très faibles, où l'ovale reste haut. Mais ce sont précisément les nuits où l'on ne voit pas grand-chose de toute façon.
Ce que Reykjavík a pour elle
Le choix. Six excursions différentes partent de la capitale, du bus à ~65 € à la jeep de quatorze places à ~208 €. Vous pouvez choisir votre véhicule, votre budget et votre taille de groupe. Ailleurs sur l'île, l'offre se réduit à quelques opérateurs.
La fréquence. Des départs tous les soirs où la météo le permet, ce qui rend le billet de rattrapage réellement utilisable. Si votre première nuit ne donne rien, vous pouvez ressortir le lendemain.
La logistique. Vous dormez dans la ville où vous atterrissez, vous ne perdez pas deux journées de route et vous gardez vos journées libres pour le reste de l'Islande.
Ce que le nord a pour lui
Il serait malhonnête de dire que monter ne sert à rien. Le nord de l'Islande présente deux avantages réels, et aucun n'a à voir avec la latitude.
Un climat souvent plus sec. La côte sud reçoit l'essentiel des dépressions atlantiques. Certaines nuits, le sud est entièrement bouché pendant que le nord est dégagé — mais l'inverse arrive tout autant, et c'est précisément pour cela que les excursions de Reykjavík changent de direction selon le soir.
Moins de pollution lumineuse. La zone de la capitale concentre les deux tiers de la population du pays. Cela dit, une heure de route suffit à en sortir, et c'est ce que fait chacune des six sorties.
Le vrai facteur, c'est la mobilité
La question pertinente n'est pas « nord ou sud » mais « est-ce que mon opérateur peut changer d'avis en cours de soirée ». Une sortie qui refait le même trajet chaque nuit depuis Akureyri vaut moins qu'une sortie de Reykjavík qui recalcule sa route sur les prévisions en temps réel.
Deux des six excursions insistent explicitement là-dessus. Le car des chasseurs locaux annonce un itinéraire ajusté pendant la soirée en fonction de la météo, de la couverture nuageuse et de l'activité aurorale. L'excursion en bus dit la même chose plus sobrement : les lieux changent d'un jour à l'autre et on part dans la direction la plus prometteuse.
Partir de Reykjavík, et laisser le ciel décider de la direction
Quatre heures sans itinéraire fixe, avec un billet ouvert valable trois ans si l'aurore ne se montre pas.
Ce que ça change pour votre voyage
Monter à Akureyri depuis Reykjavík représente environ cinq heures de route, ou un vol intérieur. En hiver, sur des routes islandaises, ce trajet n'est pas anodin et peut être fermé.
Le calcul est donc simple. Si vous montez dans le nord pour d'autres raisons — les baleines de Húsavík, la région du Mývatn, le ski — chassez l'aurore là-bas, elle y est aussi bonne. Si vous montez uniquement pour les aurores, vous dépensez deux journées de voyage pour un gain de probabilité très faible, et vous perdez la possibilité de ressortir plusieurs soirs de suite.
En résumé
La latitude n'est pas le levier qu'on croit : toute l'Islande est bien placée. Ce qui compte, dans l'ordre, c'est le ciel dégagé, l'obscurité et un opérateur capable de choisir sa direction le soir même.
Reykjavík offre le plus grand choix d'excursions, les départs les plus fréquents et la possibilité de réessayer plusieurs nuits d'affilée avec un billet de rattrapage. Pour la grande majorité des voyages, c'est de là qu'il faut partir.